Bibliothèque
Littératures

- Contact
- Activités
- Animations
- Apports
- Archives Bibliothèque
- Biens communs ?
- Communication
- Ecriture numérique
- Expositions
- Fonctionnement
- La Passe
- Lecture numérique
- Les découvreurs
- Manifestations
- Numérisation
- Poésie
- Prêt et consultation
- Réseau
- Sciences
- Statut
- Textes-rencontres

 

 

Plan du Site

"d’infinis paysages"


un thème du Printemps des Poètes qui nous parle !

(JPG) La clé de voûte de cette manifestation se situera du 7 au 21 mars 2011 ; il s’agit d’

"Exprimer les liens profonds qui unissent l’homme à la nature, les célébrer ou les interroger est un des traits les plus constants de la poésie universelle.

Mers et montagnes, îles et rivages forêts et rivières, ciels, vents, soleils, déserts et collines, la plupart des poèmes porte comme un arrière-pays la mémoire des paysages vécus et traversés.

Se reconnaître ainsi tributaire des infinis visages du monde, c’est sans doute, comme le voulait Hölderlin, habiter en poète sur la terre."

écrit Jean-Pierre Siméon, Directeur artistique.


Un thème qui nous parle au Carrefour de divers courants.

D’abord celui du beau texte de Glissant : "dans cet archipel le monde" qui ouvre le "Miquel Barcelo" publié par les Editions Yvon Lambert.

..."la mer se retire de tout cet encombrement, elle se retire et elle engendre en même temps le temps et sa mesure le désert, et dans le désert elle invente les bleus de terre et les ocres et les rouilles et les rougis incertains qui sont les écumes du temps, eux tous, les écumes surprenantes du temps, et toujours la mer se retire"...


(JPG) ..."Le grand geste de Barcelo est de fouiller, dans un tel archipel en formation, héritage de la mer, le passage tremblant du monde"...

..."le temps est une falaise bourrée de caches et de réserves pour qui veut y habiter vraiment"...

Bandiagara dont nous parlions récemment, cité plus loin dans le texte... "Vieil Océan" ...

"Je te salue" disait Lautréamont...

Et Barcelo en Avignon cet été 2010...


Un texte à lire et relire...


Et puis des clés pour appréhender un autre courant qui nous porte vers CE printemps des poètes...


Les fondatrices des Rias avaient choisi ce nom qui pour elles évoquaient les éboulis rocheux, la résistance de la pierre, les "ravins" d’ici.

Depuis nous nous sommes interrogés sur ce nom et ses origines.

Rien trouvé si ce n’est ces Rias de Bretagne ou Galice, cousins de fjords de Norvége. Ici on n’est pas en bord de mer !

Et puis, un jour, la découverte fortuite, sur Internet, d’un document géographique sur le Lyonnais - la Ria qui se jetait là, dans la mer, à l’êre tertiaire... Et puis la Ria du Turzon, de l’Ardèche, de la Cèze et du Rhône avec une formation bien expliquée.

Mais oui la mer, aux autres ères. Que n’y a-t-on pensé plus tôt - les bélemnites de Crussol, les calcaires et argiles...

..." Barcelo est pénétré de tragédie géologique"


Ria et rochers... Un lien ?

..."une des constantes des grands artistes catalans est leur commune passion pour le sable, ses grenailles et ses limailles, par où ils s’en remettent à l’élémentaire du monde, et défient la morne éternité."


Un troisième courant pourrait être celui qui porte le travail en cours de Camboulive sur les paysages d’ici...

Jacqueline Cimaz





_

Intermédiaires Irlandais de Jean-Pascal Dubost,


(JPG)








Un premier récit publié par Apogée


Notes de lecture

Intermédiaires bout à bout comme gué d’un temps contesté. Où l’on évoque Zénon, l’Eléate, et convoque la photo comme preuve de l’illusoire du mouvement.

Et là l’image, par delà les tourbières, d’une chaussée de géants...

Récit qui nie le temps tout en employant le temps du récit. Pirouettes et volte-faces qui masquent mal l’identification à cette terre d’eau, mirages et autres légendes, plate presque ou souventes fois, toute sa richesse condensée dans la densité de la mise en mots.

« Divagation de l’écriture, écriterrance et refuite, ce texte, un tissu de songes, est issu de mensonges »...

Jeu de mots et un autre paradoxe, celui du Menteur [1] Errance ou se terrer... Densité légère ?

Un régal d’écriture dans ce pays où on est si pauvre « une île imaginée par ses poètes... une île où les pauvres ont su s’arranger avec la pauvreté en fumant, et en buvant et en se racontant des histoires. »


Moi qui suis d’une île, je sais aussi que les mensonges et/ou histoires fantastiques de marins servaient à apprivoiser la peur. Mon voisin-copain d’enfance est mort noyé avec son père à 12 ans dans le naufrage de son chalutier un jour de tempête au large de La Pallice. Sa mère n’a plus jamais crié "A la belle de sans-sel là mesdames" dans les rues de La Rochelle. Et dans les berceuses bretonnes l’enfant qu’on endort meurt plus tard en mer.



Le beau travail d’écriture n’arrive pas à endiguer l’émotion de ce pays de mer ni de l’histoire d’Irlande malgré le temps coupé, l’absence de destination, et le recours au prosaïque, aux personnages-refrain, comme ces chauffeurs de bus -que le temps change et ne change pas - « ces avaleurs de routes et de ciel et de landes, toqués de God’s tears et de vents ».


Si, au début du livre-voyage, on peut dire philosophie, souvenirs d’enfance et estudiantins, et de ce pays de mer qui parle fort, très vite et comme marée doucement montante, c’est la langue qui parle, seule, s’impose, fouaillée, réinventée, jubilatoire, portée par cet unique et double voyage.

(JPG)


Et les langues qui se croisent -et Kérouac et le gaëlique et l’anglais... N’avoir « que la langue sur terre »... « inventer la vie » et être « cependant heureux de retrouver toujours sur l’asphalte le reflet fidèle de l’immobilité des cieux ». Où Norge rejoint Zénon et où Fata traverse et disparaît. Fata ? fatalement ?

Où réminiscences littéraires et légendes se déploient dans l’immobile. D’ailleurs pour Blanchot « l’extraordinaire fait aussi partie de l’ordinaire. »

« Le souvenir génère de la rimagination ».

Les « promenades immobiles » des « Quatre Chemins » [2] ont fait du chemin.

Et se dire ? « il m’advient souventefois dans madite propre langue... au risque de paraître atrabilaire, asocial, infréquentable, chagrin, pisse-froid, ours, hibou, loup, mauvais voyageur, antipathique, taciturne, arrogant, mésavenant, inepte et incivil ... une façon rêveuse de me retirer à moi... »

Et une phrase qui plairait à Régine :

« Si la marche renforce toute la complexité intérieure qui s’est construite sur le monde furieux, le marcheur est un complexe qui recherche le simple ».

Marcher « au beau milieu d’une croissance économique exceptionnelle ».

Routes du Donegal, montée des 752m de l’Errigal... « la pensée n’est plus que pieds, que cailloux, joujou, hibou, chou, on chantonne fredons, ma Normandie, jure et digonne, vingt dieux de vingt dieux, mots d’amour et mots d’amour"...

Effroyable beauté du paysage.

« Une incertaine certitude qu’un seul lieu invente tous les autres lieux dont l’Irlande et que je m’y suis enraciné très profondément, à moins que je m’y sois embourbé, eh bien, j’y suis, divagant, j’y resterrerai. »

Car « si l’homme perd du terrain sur les légendes, il n’est plus que déception. »

La tourbe se forme à raison de cinq centimètres par siècle.

Je divague et vais d’Irlande en Irlande... la phrase est ma route, le mot est mon pas

Fata, Joyce et Lancelot sont mes exceptionnels, et réels, compagnons.


Le voyage irlandais se termine avec un livre ancien, magnifique, érudit, enluminé, fabriqué par les moines avec la peau de 185 veaux.


Résonnances, échos entre langue et pays et un plaisir d’écrire qui, par delà l’effort dit, parait évident.

Un régal, à lire, relire, se lire, lire aux autres...


Un exemplaire est commandé et offert va rejoindre le rayon "poésie de notre bibliothèque"...


Et pourquoi pas un jour, une résidence de Jean-Pascal sur notre sentier d’art ?

Feu [3], Terre, [4], eau [5], air [6], art ?


Avant une présentation, lire" Intermédiaires irlandais" [7]

Jacqueline Cimaz



_

[1] Socrate a dit que les hommes sont menteurs/mais Socrate est un homme/ donc il ment quand il dit que les hommes sont menteurs...

[2] Cheyne, Coll. Poème pour grandir »

[3] Fondrie, Cheyne Ed

[4] L’idée bleue

[5]  ?

[6]  ?

[7] Ed. Apogée, Rennes www.editions-apogee.com



_

Les chemins du livre dans les Balkans



(JPG)

Jacqueline Cimaz et Fatima Mana ont participé à une journée de formation organisée par la B.D.P. sur les littératures balkaniques ce lundi 3 décembre à Privas.

Trois intervenants, à la fois écrivains et traducteurs étaient présents.


Après la présentation effectuée par Jean-Gabriel Cosculluela, Michel Volkovitch situait la littérature grecque dans le contexte et l’histoire, et présentait prosateurs et poètes contemporains.

Il montrait comment le statut de la poésie grecque s’enracine dans les pratiques de transmission orales, seules possibles et privilégiées pendant des siècles d’occupation ottomane, comment, dans ce contexte, une regrettable dichotomie s’est instaurée entre langue populaire et langue savante...

Il mettait aussi en relation le tragique et le vécu douloureux du peuple Grec au XXème siècle...

Il lisait un choix de textes dans la langue et traduits et communiquait une bibliographie...

Enfin le problème de la traduction, de sa complexité, était évoqué et discuté...



(JPG) Milivojko Srebro, universitaire, spécialiste de la littérature serbe, commence, pour situer le contexte, par expliquer la situation - multi-ethnique et multi-culturelle de l’ex-Yougoslavie.

Il démystifie le langage où le même terme peut avoir des sens tout à fait différents suivant qu’il renvoie à une catégorie administrative (la nationalité), à la langue ou au dialecte pratiqué, ou à la religion ou du moins la culture liée à la religion majoritaire dans un groupe de population au cours des siècles...

Les deux alphabets sont ensuite présentés. Des renseignements orthographiques sont donnés et la prononciation précisée...

L’après-midi, les littératures et leur histoire sont abordées, en fonction, là aussi, de l’histoire extrêmement complexe des divers groupes ethniques et religieux, au cours des siècles, et des divers avatars du 20 ème siècle...

(JPG)

Toute approche simpliste ou manichéique parait exclue. Il est intéressant aussi de voir comment les interdits sont détournés et de constater l’appétit de connaissance, la volonté de participation à la création qui se manifestent dans ces pays -cf l’exemple du surréalisme...

Là aussi des textes sont lus dans la langue, puis traduits, et une bibliographie est communiquée...



Enfin Alexandre Zotos, universitaire, parlait de la littérature albanaise.

Comme ses prédécesseurs, il situait le mouvement littéraire dans une histoire marquée par une très longue occupation ottomane, et, plus récemment, par des relations ambigües avec l’Italie fasciste, puis quarante années d’un régime stalinien teinté d’une forte dimension nationaliste.

Il montrait les racines de l’influence française dans la littérature albanaise, insistait sur la littérature orale, puis l’importance d’un alphabet spécifique...

Là aussi des textes, dont des textes d’Ismaël Kadaré, étaient lus dans la langue et traduits, et une bibliographie communiquée...



Jean-Gabriel Cosculluela tirait les conclusions de la journée, et remerciait les intervenants...



Une journée d’un très bon niveau, riche en découvertes - à confirmer...

Une journée de nature aussi à mieux faire découvrir la littérature étrangère, et celle des Balkans en particulier, en la situant dans toute sa complexité, à mieux percevoir aussi les relations entre culture, histoire et littérature, et à mieux appréhender le rôle de la poésie et du rythme, de la transmission orale, dans ces périodes où la communication écrite dans la langue maternelle est difficile...





_


Réalisation : Inforoutes de l'Ardèche -- PackWeb -- Spip --